Maxime McKinley - À son insu

from by Productions Totem Contemporain

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about

Travailler à une pièce mixte pour l’un des instruments inventés de Jean-François Laporte – l’orgue de sirène – m’a mis face à un monde sonore dont je ne connaissais rien. C’est dans cette ignorance comme espace de création que j’ai trouvé mon enthousiasme pour ce projet. Cette démarche m’a fait sentir avec une acuité nouvelle combien ce que je crois savoir du son ne touche, en fait, que la pointe de l’iceberg. D’où le titre, À son insu, qui peut se lire comme l’expression habituelle (ce qui se passe sans qu’on s’en rende compte, ce qui nous échappe), mais aussi comme une dédicace – voire un hommage – au son et ce qu’il peut nous apprendre. La bande est entièrement faite à partir de prises de sons de l’orgue de sirène, parfois utilisé avec des objets de cuisine (couvercles, fouets) et des clochettes. D’abord timide, le son s’épanouit peu à peu : le potentiel de l’orgue se déploie dans un développement qui s’étend de plus en plus, accumulant souffles, battements d’harmoniques aigues, effets de percussions-résonances, et trames d’accords micro-tonaux. L’orgue de sirène (réel) circule dans sa propre potentialité (virtuelle), en se « promenant » dans la bande selon une technique que j’appelle « doublure nomade », c’est-à-dire qu’il souligne, appuie ou augmente divers éléments et/ou strates de la bande.

Cette pièce a été composée grâce au soutien du Conseil des arts du Canada, et avec l’assistance d’Adam Basanta à la réalisation informatique. Merci à Jean-François Laporte et Marie-Chantal Leclair, dont la disponibilité et la générosité rendent possible l’exploration.
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Working on a mixed piece for an instrument invented by Jean-François Laporte (the siren organ) made me dive into a sonic world about which I knew nothing. Using this ignorance as a creative space stimulated me a lot in this project; a creative process that made me feel that what I think I know about sound actually only touches the tip of the iceberg. Hence the title, À son insu (« without knowing »), which can be read in French as a current expression (what happens without one noticing, what escapes us), but also as a sort of dedication or tribute to the sound and what it has to teach us (in French, “À” can mean “To”). The tape is made entirely from recordings of the siren organ, sometimes used with kitchen utensils (whisk, lids) and bells. First shy, the sound flourishes gradually: the potential of the siren organ unfolds in a development that extends more and more, accumulating breaths, beating in high harmonics, percussive attack-resonance effects, and textures of microtonal chords slowly moving. The siren organ (real) runs in its own potential (virtual), “walking” in the tape through “nomad doublings”, that is to say it points out, supports, or increases various elements and/or layers of the tape.

This piece was composed with the support of the Canada Council for the Arts, with the assistance of Adam Basanta for the realisation of the electronics. Thanks to Jean-François Laporte and Marie-Chantal Leclair for their availability and generosity that made exploration possible.

Orgue de sirènes : Marie-Chantal Leclair

credits

from Totem électrique II, released February 4, 2016
BIO:
Maxime McKinley a étudié à Montréal avec Michel Gonneville et Isabelle Panneton avant de se perfectionner à Paris auprès de Martin Matalon et Gérard Pesson. Ses œuvres sont jouées régulièrement au Canada et ailleurs dans le monde, par plusieurs solistes, ensembles et orchestres renommés. Il a reçu les prix Opus « Article de l’année » (2015) et « Compositeur de l’année » (2014), le prix d’Europe de composition (2009), ainsi que 11 prix au Concours des jeunes compositeurs de la Fondation Socan (2003-2011). Ses textes ont paru au Québec et en France, dans diverses revues québécoises, notamment des articles dans Circuit, musiques contemporaines (dont il a été le directeur administratif et secrétaire de rédaction), et des poèmes dans Le Quartanier et Les écrits. Il a été compositeur en résidence à la Chapelle historique du Bon-Pasteur de septembre 2011 à mai 2014. Il travaille présentement à un projet de recherche-création d’après la poésie de Philippe Beck, à la Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique (UQAM), avec le soutien du Fonds de recherche du Québec sur la société et la culture (FRQSC).

Maxime McKinley studied composition with Michel Gonneville and Isabelle Panneton in Montreal, as well as with Martin Matalon and Gérard Pesson in Paris. His works have been performed all over Canada and many other countries in the Americas and Europe by some of the finest soloists, chamber ensembles and orchestras. He won the Opus Prizes “Article of the Year” (2015), “Composer of the Year” (2014), the Prix d’Europe de composition (2009), eleven prizes in the Socan Foundation competition for young composers (between 2003 and 2011), and the Prix collégien de musique contemporaine (2011). His writings have appeared in Quebec and France, including articles in Circuit, musiques contemporaines (for which he has been the admistrative director and editorial secretary from 2010 to 2012), as well as poetry in Le Quartanier and Les écrits. He was composer in residence at the Chapelle historique du Bon-Pasteur from September 2011 to May 2014. He is currently working on a research-creation project after the poetry of Philippe Beck, at the Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique (UQAM), with the support of Fonds de recherche du Québec sur la société et la culture (FRQSC).

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